Le mot de Bernard Desray

« Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans…. »

 

Cette année à Bournezeau, on innove…. avec de l’ancien : les passionnés de voitures anciennes de l’association des « Vieux volants Vezicampois » graviront le parcours de la course de côte, ravivant, à  n‘en pas douter maints souvenirs aux plus anciens des spectateurs et à tous les passionnés qui suivent rallyes, circuit , courses de côtes depuis , pour certains, un peu plus d’un demi siècle…Allez, un vrac, quelques coups d’œil dans le rétro : la victoire au premier  Rallye de Lorraine, en 1955 de la petite Dyna Panhard cabriolet X 27 d’un jeune pilote prometteur : un certain Jo Schlesser. Les performances en rallye du « Loeb de l’époque » : Claude Storez et son spider Porsche 356 avant l’avènement des sixties qui vont révéler  des pilotes comme Gérard Larrousse, débutant sur une dauphine 1093 à la course de côte d’Urcy près de Dijon, là ou fera de même Guy Frequelin avec un coupé Simca 1200 S de série…Etudiants peu argentés mais passionnés nous nous retrouvions à la fin des années soixante pour discuter , des heures durant dans notre bistro favori, des mérites comparés des Beltoise, Jaussaud Ligier et tous les autres, tout en rêvant d’une R8 Gordini, d’une NSU TT et bien évidemment d’une Mini Cooper. Les plus ambitieux sur le plan financier et qui, à cet effet fréqentaient les bancs de « Sup’ de Co » , ne voyaient que par la Berlinette Alpine A 110, voire la Porsche 911… Alors en attendant un hypothétique héritage d’un oncle d’Amérique on « coursifiait » nos modestes berlines, c’est ainsi que ma R8 Major s’était vu greffée d’une « marmitta » Abarth à double sortie, d’une paire de phares longues portées, d’un compte-tours fièrement juché sur le tableau de bord et d’un petit volant acheté dans une officine du coté de Vintimille… « Qu’est ce qu’on fait ce soir après la fac les gars ? » « Ben, comme d’hab’ : on se fait deux ou trois montées d’Urcy ! » Et puis, en côte particulièrement, il y avait cette odeur inimitable de l’huile ricinée : pour un peu, on s’en serait vaporisé le matin après la toilette …Nous étions incollables sur les équipements de nos « bolides » une modeste Mini 850 ne pouvait être dotée que d’un pot d’échappement relevé : un « Peco » ou un double sortie « Les Leston », la Fiat 600 se devait d’avoir le capot moteur entre ouvert, un pot « Abarth »  ou « Giannini »  et sur toutes nos chères autos, les rétro obus ou des « Sebring » profilés ; les jantes en alliage et les carbus Weber n’étaient pas dans nos prix ! Et puis finie la fac : entrée dans la vie active et l’achat de la première voiture neuve : une Rallye II, évidemment, vite décorée SRT : l’aventure continuait …Alors si vous les découvrez ou les redécouvrez ces mamies de la course qui nous font encore rêver, n’hésitez pas à aller les voir de près et d’interroger leurs heureux pilotes-propriétaires dans le paddock de Bournezeau : la madeleine de Proust a toujours cette saveur de gourmandise aux souvenirs dont jamais on ne se rassasie et… c’est tellement bien ainsi !